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LÂCHER PRISE AVEC L'HYPNOSE

« Mais… c’est possible de ne penser à rien ? »

Il m’arrive de poser cette question au cabinet :

« Est-ce qu’il vous arrive de faire silence dans votre tête ? »

Certaines personnes me regardent avec étonnement. Parfois même avec incrédulité.

« Mais c’est possible, ça ? »

Depuis toujours, leur esprit réfléchit, analyse, anticipe et vérifie. Elles pensent à ce qu’elles doivent faire, à ce qu’elles viennent de faire et à ce qu’elles auraient pu faire autrement.

Elles ne pensent pas seulement.

Elles pensent à leurs pensées, analysent leurs analyses et anticipent leurs propres anticipations.

Leur esprit est devenu une salle de contrôle qui ne ferme jamais.

Le conseil le plus agaçant qui soit

« Vous devriez lâcher prise. »

La phrase est généralement bien intentionnée. Mais pour une personne qui n’a jamais appris à le faire, elle ne constitue pas une solution.

C’est une consigne sans mode d’emploi.

Alors elle essaie. Elle se concentre pour ne plus se concentrer. Elle surveille si elle se détend. Elle se demande si elle pense encore et cherche à contrôler son absence de contrôle.

Le lâcher-prise devient une nouvelle performance à réussir.

On ne lâche pas prise en serrant plus fort l’ordre de lâcher prise.

Lâcher prise ne signifie pas abandonner

L’expression prête souvent à confusion.

Lâcher prise ne signifie pas :

  • devenir passif ou négligent ;

  • cesser de réfléchir ;

  • renoncer à ce qui compte ;

  • accepter l’inacceptable ;

  • perdre le contrôle devant quelqu’un ;

  • ne plus prévoir aucune conséquence ;

  • laisser les autres décider à votre place.

 

Il s’agit plutôt de reconnaître la différence entre ce qui demande encore une action et ce qui ne peut plus être résolu par davantage de tension mentale.

Réfléchir peut conduire à une décision. Ruminer consiste souvent à reprendre le même problème sans produire d’information ni d’action nouvelles.

Lâcher prise, ce n’est pas renoncer à agir. C’est renoncer à s’épuiser là où l’action n’a plus de prise.

Peut-on réellement ne penser à rien ?

Tout dépend de ce que l’on entend par là.

Si « ne penser à rien » signifie que le cerveau cesse toute activité, alors non. Un cerveau éveillé continue naturellement de fonctionner.

Mais si cela désigne un moment pendant lequel aucune pensée précise, aucune phrase intérieure et aucune image particulière ne s’imposent à la conscience, alors oui : cette expérience existe.

Les chercheurs parlent notamment de mind blanking, que l’on peut traduire par « blanc mental ». Il s’agit de moments, généralement brefs, pendant lesquels une personne ne parvient à rapporter aucun contenu mental particulier.

Le silence intérieur n’est donc ni un mythe ni une obligation.

Il peut prendre plusieurs formes : un véritable blanc, un espace entre deux pensées, une diminution du dialogue intérieur ou simplement une pensée qui passe sans entraîner immédiatement dix autres pensées.

Le but n’est pas de maintenir un vide parfait pendant des heures.

Il est de découvrir que votre esprit n’est pas obligé d’occuper chaque seconde disponible.

Lorsque la tension est devenue normale

Quand on a vécu pendant des années dans l’anticipation, le calme peut sembler étrange.

Certaines personnes ont appris très tôt à surveiller leur environnement, à prévoir les problèmes, à répondre aux attentes, à ne jamais se tromper ou à garder la maîtrise de leurs émotions.

Cette vigilance a parfois été utile. Elle a pu permettre de travailler, de tenir, de réussir ou de se protéger.

Mais une stratégie utile dans certaines situations peut devenir épuisante lorsqu’elle reste active en permanence.

Le corps continue alors de se préparer : mâchoire contractée, épaules relevées, respiration courte, agitation, besoin de faire quelque chose ou difficulté à rester simplement présent.

Et lorsque le calme apparaît enfin, une inquiétude peut surgir :

« Si je me détends, qui va continuer à surveiller ? »

Le problème n’est pas d’avoir du contrôle. Nous en avons tous besoin.

Le problème commence lorsque vous ne savez plus comment le déposer.

Nous ne pensons pas tous de la même manière

Certaines personnes vivent avec une voix intérieure presque continue. D’autres pensent davantage par images, sensations, intuitions ou conclusions rapides. Certaines peuvent fermer mentalement un dossier et passer à autre chose. D’autres poursuivent la réflexion pendant des heures.

Ces différences provoquent parfois de véritables incompréhensions.

Celui qui cogite beaucoup peut considérer qu’une personne plus spontanée ne réfléchit pas suffisamment, ne prend pas le sujet au sérieux ou ne se préoccupe pas des conséquences.

La personne qui sait s’arrêter peut, à l’inverse, reprocher à l’autre de compliquer inutilement les choses ou de revenir sans cesse sur ce qui a déjà été décidé.

Chacun utilise alors son propre fonctionnement comme mesure de ce qui serait normal.

Le nombre de pensées n’est pourtant pas une mesure de sérieux, d’intelligence, de responsabilité ou d’amour.

Apprendre à lâcher prise permet aussi de mieux comprendre ceux qui ne pensent pas au même rythme que vous.

Vous n’avez pas besoin de savoir lâcher prise pour venir

Certaines personnes repoussent une séance d’hypnose parce qu’elles pensent être incapables de se détendre.

Elles me disent :

« Je contrôle trop. »

« Mon cerveau ne s’arrête jamais. »

« Je vais analyser tout ce que vous dites. »

« Je ne sais pas lâcher prise. »

Mais savoir lâcher prise n’est pas une condition préalable à l’hypnose.

Ce serait comme devoir savoir conduire avant de commencer ses leçons de conduite.

Vous pouvez réfléchir pendant la séance. Vous pouvez entendre ma voix, observer ce qui se passe et même vous demander si vous êtes réellement hypnotisé.

Je n’ai pas besoin de lutter contre votre esprit ni de lui ordonner de se taire.

L’hypnose mobilise votre attention autrement. Certaines pensées peuvent progressivement perdre de leur importance, tandis qu’une sensation, une image ou ma voix occupe davantage l’espace. Des réactions peuvent alors apparaître avec moins d’effort volontaire et sans commentaire intérieur permanent.

Certaines personnes découvrent un profond silence. D’autres remarquent surtout que leurs pensées ralentissent, s’éloignent ou cessent de les entraîner.

Ces expériences sont différentes, mais peuvent toutes traduire une évolution.

Vous n’avez pas à faire le vide pour entrer en hypnose. L’hypnose peut vous apprendre comment votre propre esprit fait de la place.

Travailler avec un esprit qui veut tout comprendre

Demander simplement à une personne très analytique de « se détendre » peut augmenter son besoin de contrôle.

J’adapte donc ma manière de travailler à votre fonctionnement.

Votre capacité d’analyse peut d’abord être utilisée pour capter votre attention, plutôt que combattue. Puis l’hypnose (associée si nécessaire à certains outils de PNL) permet de faire évoluer le rythme du dialogue intérieur, la perception des pensées, les tensions corporelles ou la peur de perdre le contrôle.

Nous pouvons notamment travailler sur :

  • le besoin de tout anticiper ;

  • les scénarios répétés mentalement ;

  • la difficulté à laisser une question sans réponse ;

  • la culpabilité ressentie lorsque vous ne faites rien ;

  • la peur de devenir vulnérable en vous détendant ;

  • l’habitude de rejouer les conversations ;

  • l’impossibilité de vous reposer sans rester mentalement actif ;

  • la confusion entre vigilance et sécurité.

 

L’objectif n’est pas de supprimer votre capacité à réfléchir.

Il est de vous permettre de choisir quand elle vous est utile, et quand vous pouvez enfin la laisser se reposer.

À quoi reconnaît-on que l’on lâche davantage prise ?

Le changement ne se mesure pas uniquement au silence vécu pendant la séance.

Il peut apparaître dans votre quotidien lorsque vous parvenez à :

  • laisser une conversation terminée sans la rejouer toute la soirée ;

  • prendre une décision sans examiner indéfiniment toutes ses alternatives ;

  • vous reposer sans culpabiliser ;

  • accepter de ne pas encore connaître une réponse ;

  • remarquer une pensée sans être obligé de la suivre ;

  • vous endormir sans tenter de contrôler l’endormissement ;

  • laisser une autre personne fonctionner différemment de vous ;

  • revenir plus facilement à ce qui se passe réellement maintenant.

 

Une première séance peut provoquer une découverte très nette. Pour d’autres personnes, cette souplesse se construit progressivement.

Je ne promets ni vide mental sur commande, ni sérénité permanente, ni résultat identique pour tous.

Tout n’est pas un simple manque de lâcher-prise

Une agitation mentale persistante peut parfois être liée à une anxiété importante, un traumatisme, des pensées obsessionnelles, une dépression, un trouble du sommeil ou une autre difficulté nécessitant une évaluation adaptée.

Je ne réduis donc pas toutes les souffrances à une incapacité à « lâcher prise ».

Lorsque la situation le demande, l’hypnose s’intègre à un accompagnement médical ou psychologique, sans s’y substituer.

Le calme n’appartient pas seulement aux autres

Lorsque vous avez toujours vécu sous tension, vous pouvez finir par croire que cette tension constitue votre personnalité.

Mais un fonctionnement familier n’est pas nécessairement une identité.

Vous pouvez apprendre à rester attentif sans tout surveiller, à réfléchir sans ruminer, à prévoir sans vivre continuellement dans l’avenir et à vous détendre sans devenir irresponsable.

Vous n’avez pas besoin de devenir une autre personne.

Vous avez seulement besoin de découvrir qu’un autre mode de fonctionnement existe déjà en vous.

Lâcher prise, ce n’est pas ne plus jamais penser. C’est ne plus être obligé de répondre à chacune de vos pensées.

Prendre rendez-vous

Vous n’avez rien à préparer, rien à réussir et aucune capacité particulière à démontrer.

Nous partirons précisément de votre manière actuelle de fonctionner pour vous permettre de découvrir votre propre chemin vers davantage de calme et de liberté intérieure.

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