
Se libérer du chemsex et du slam :
retrouver du choix
Oui, l’hypnose thérapeutique peut accompagner une personne concernée par le chemsex ou le slam en travaillant sur les automatismes, les déclencheurs, l’impulsion et la relation inconsciente entre sexualité, produit et recherche d’intensité. Elle ne remplace pas un suivi addictologique ou médical lorsque celui-ci est nécessaire, mais elle peut contribuer à restaurer du recul, de la régulation et une capacité de choix.
Le chemsex désigne l’usage de substances psychoactives dans un contexte sexuel. Le slam correspond plus spécifiquement à l’injection de substances lors de ces pratiques. Ces réalités demandent une approche précise, ni alarmiste, ni banalisante : certaines personnes gardent un usage ponctuel ou régulé, tandis que d’autres décrivent une perte progressive de contrôle, avec une sexualité qui devient difficile à vivre sans produit.
L’OFDT observe que le chemsex a gagné en visibilité depuis une quinzaine d’années, avec une mobilisation croissante des professionnels de santé sexuelle, d’addictologie et du champ médico-social. Les substances fréquemment citées incluent notamment les cathinones de synthèse, le GHB/GBL, la kétamine, la cocaïne, la méthamphétamine ou la MDMA, souvent dans des contextes de polyconsommation. Le slam est également devenu plus visible ces dernières années. (OFDT)
Un phénomène complexe, pas seulement une “prise de risque”
Le chemsex peut être recherché pour augmenter le désir, intensifier les sensations, prolonger les rapports, se désinhiber, faciliter certaines pratiques ou accéder à une forme de connexion plus immédiate. Drogues Info Service rappelle que les sessions peuvent durer plusieurs heures, parfois plusieurs jours, ce qui augmente les risques liés à la fatigue, aux prises répétées, aux mélanges, aux infections sexuellement transmissibles, à la dépendance et à l’isolement. (Drogues Info Service)
La difficulté vient du fait que le chemsex ne se limite pas à une consommation. Il peut devenir un système d’associations : produit, application, notification, image, désir, performance, appartenance, honte, solitude, soulagement. Energy Control insiste sur l’importance de comprendre ces pratiques avec une lecture psychosociale, non stigmatisante, en tenant compte des motivations, des contextes, des savoirs des personnes et des stratégies de réduction des risques déjà mises en place. (Energy Control)
Pourquoi la volonté seule ne suffit pas toujours
Lorsqu’une pratique se répète, le cerveau apprend. Il associe certains signaux à une récompense attendue : excitation, confiance, puissance, disparition momentanée du vide, sentiment d’être désiré, accès à un corps moins inhibé. Ces associations deviennent parfois si rapides que l’envie surgit avant même qu’une décision consciente soit réellement formulée.
Dans ce type de situation, la personne concernée peut sincèrement vouloir changer, tout en se retrouvant happée par des automatismes : ouvrir une application, répondre à un message, chercher un plan, consommer pour “tenir”, accepter une situation qui dépasse ses limites. C’est ici que le chemsex rejoint d’autres problématiques accompagnées en hypnose, comme les addictions, les compulsions, l’anxiété, les troubles sexuels ou la reconstruction de l’estime de soi.
Ce que l’hypnose peut travailler dans ce contexte
L’hypnose thérapeutique peut aider à intervenir sur les boucles automatiques qui relient sexualité, produits et recherche d’intensité. L’objectif n’est pas de juger le comportement, mais d’aider le système nerveux à retrouver des options là où tout semblait devenir impulsif, urgent ou inévitable.
Le travail peut porter sur les déclencheurs : applications, solitude, fatigue, pornographie, anxiété sociale, peur du rejet, sensation de vide, recherche de validation, souvenirs corporels associés aux produits. Il peut aussi viser à désactiver certaines associations émotionnelles : “sans produit, le sexe sera fade”, “sans slam, je ne ressentirai rien”, “sans chemsex, je ne saurai plus rencontrer”.
Une séance peut également renforcer les ressources internes : capacité à différer une impulsion, à quitter une situation, à poser une limite, à retrouver du calme corporel, à reconstruire une sexualité plus consciente, ou à soutenir un parcours de réduction ou d’arrêt lorsqu’il est accompagné par les bons professionnels.
Chemsex, slam et mémoire émotionnelle
Le slam introduit une dimension particulière. L’injection peut renforcer la ritualisation du comportement : préparation, attente, montée, partage, intensité, sensation de bascule. La Generalitat de Catalunya souligne que le chemsex implique souvent des dynamiques propres, des polyconsommations et parfois des voies d’administration moins habituelles, dont l’injection intraveineuse ou intramusculaire, avec des risques spécifiques. (salutpublica.gencat.cat)
Dans l’accompagnement hypnotique, cette dimension rituelle est importante. Le travail peut viser à déconditionner les séquences : avant, pendant, après. La personne apprend à reconnaître les micro-signaux qui précèdent la perte de contrôle, à réinstaller une perception plus fine du corps, et à reconstruire des repères internes de sécurité, de désir et de limite.
Comment peut se structurer un accompagnement
Un accompagnement sérieux commence par un échange initial précis : substances consommées, fréquence, contexte, slam ou non, mélanges, retentissement sur la santé, le travail, le sommeil, la sexualité, les relations, les finances et l’état psychologique. Il s’agit aussi d’identifier les situations de danger : surdoses, consentement altéré, violences, isolement, idées suicidaires, symptômes psychiatriques ou dépendance physique.
La séance d’hypnose vient ensuite s’ajuster à la personne. Certaines séances peuvent travailler l’impulsion immédiate ; d’autres ciblent les émotions sous-jacentes, les souvenirs corporels, la honte, le rapport au désir, ou la projection vers une sexualité où le produit n’est plus le centre de l’expérience.
Combien de séances prévoir ?
Il n’existe pas de nombre fixe. Pour certaines personnes, quelques séances peuvent aider à retrouver un premier niveau de stabilité, de recul et de décision. Pour d’autres, notamment lorsque le chemsex ou le slam est installé depuis longtemps, l’accompagnement doit être plus progressif et s’articuler avec un suivi addictologique, médical, psychologique ou sexologique.
L’Assurance Maladie rappelle que la prise en charge des troubles addictifs est souvent pluridisciplinaire, avec une dimension psychologique, médicale et parfois sociale. Cette logique est particulièrement pertinente lorsque la consommation est devenue centrale dans la vie de la personne. (Ameli)
Ce que l’on peut attendre d’un accompagnement
Un accompagnement peut contribuer à réduire les passages automatiques, améliorer la conscience des déclencheurs, renforcer la capacité à dire non, à différer, à demander de l’aide ou à organiser une sortie progressive de la spirale. Il peut aussi soutenir la reconstruction du désir, du corps et du lien hors de la contrainte du produit.
Les résultats varient selon le niveau de dépendance, les substances impliquées, la présence ou non de slam, l’environnement social, la santé mentale, les antécédents traumatiques, la motivation et les ressources déjà disponibles. Santé publique France souligne que le chemsex est associé à des enjeux de santé sexuelle, de réduction des risques et de détresse psychosociale, ce qui justifie des services adaptés et une approche globale. (Santé Publique France)
Précautions indispensables
Le chemsex et le slam relèvent d’une prudence médico-légale élevée. En cas de dépendance au GHB/GBL, d’injections répétées, de surdose, de perte de connaissance, de symptômes psychiatriques, d’idées suicidaires, de violences sexuelles, de consentement altéré ou de consommation quotidienne, un avis médical ou addictologique est indispensable.
Drogues Info Service rappelle qu’avant un arrêt, il est conseillé de rencontrer un professionnel de l’addictologie afin d’évaluer la dépendance et d’établir un protocole adapté ; un sevrage ambulatoire ou hospitalier peut être nécessaire selon les situations. (Drogues Info Service)
Conclusion
Se libérer du chemsex et du slam ne consiste pas seulement à interrompre une pratique. C’est souvent reconstruire une frontière intérieure entre désir et contrainte, plaisir et urgence, lien et mise en danger. L’enjeu profond est de redonner à la personne concernée ce que l’automatisme addictif tend à réduire : la lucidité, la sécurité, la liberté de choisir, et la possibilité d’habiter son corps autrement.
FAQ
L’hypnose peut-elle aider à sortir du chemsex ?
Oui, elle peut accompagner le travail sur les automatismes, les déclencheurs, les impulsions et les associations entre sexualité, produits et recherche d’intensité. Elle doit s’intégrer à un cadre adapté, surtout en cas de dépendance ou de slam.
Le slam rend-il l’accompagnement plus complexe ?
Oui, souvent. L’injection peut renforcer la ritualisation, les risques sanitaires et la perte de contrôle. Elle nécessite une prudence particulière et, dans de nombreux cas, un accompagnement addictologique ou médical.
Faut-il arrêter complètement ou réduire progressivement ?
Cela dépend des substances, de la fréquence, du niveau de dépendance et des risques. Certaines situations nécessitent un protocole médicalisé, notamment en cas de dépendance au GHB/GBL ou de polyconsommation importante.
Un proche peut-il aider sans juger ?
Oui. L’aide la plus utile consiste souvent à ouvrir un espace de parole non culpabilisant, à repérer les signes de danger et à encourager une orientation vers des professionnels formés aux addictions, à la santé sexuelle ou à la santé mentale.
Sources publiques et repères utiles
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OFDT - Note 2024 sur quinze ans d’évolution du chemsex, les substances impliquées, la visibilité du slam et les réponses publiques. (OFDT)
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Santé publique France - Enquêtes ERAS 2017-2023 sur la pratique du chemsex chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. (Santé Publique France)
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Drogues Info Service - Repères grand public sur le chemsex, les risques, les substances et l’orientation vers l’aide spécialisée. (Drogues Info Service)
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Drogues Info Service - Repères sur l’arrêt, la préparation du changement et l’intérêt d’un protocole adapté en addictologie. (Drogues Info Service)
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Assurance Maladie - Informations sur la prise en charge pluridisciplinaire des troubles addictifs. (Ameli)
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Generalitat de Catalunya / Agència de Salut Pública de Catalunya - Ressources sur chemsex, polyconsommation, slamming, réduction des risques et santé intégrale. (salutpublica.gencat.cat)
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Energy Control / ABD - Ressource spécialisée en réduction des risques, avec une approche psychosociale, non stigmatisante et centrée sur les personnes. (Energy Control)
