top of page
Se libérer du Chemsex.png

SE LIBÉRER DU CHEMSEX ET DU SLAM :
retrouver une sexualité plus libre

Oui, l’hypnose thérapeutique peut accompagner une personne qui souhaite sortir d’un usage problématique du chemsex ou du slam. Elle permet notamment de travailler sur le craving, les automatismes, les déclencheurs sexuels et numériques, ainsi que sur les émotions auxquelles la consommation apporte momentanément une réponse. Dans les situations de dépendance ou de mise en danger, elle s’intègre nécessairement à une prise en charge médicale et addictologique.

Le chemsex désigne l’usage intentionnel de certaines substances psychoactives pour modifier l’expérience sexuelle : se désinhiber, augmenter les sensations, prolonger les rapports, diminuer la fatigue ou repousser certaines limites corporelles et psychologiques.

Le slam correspond à l’injection de produits dans ce contexte. L’arrivée très rapide de la substance dans le cerveau provoque une montée particulièrement intense, mais accroît également les risques de dépendance, de surdose, de complications infectieuses et de dégradation du capital veineux.

Dans son acception historique et clinique, le chemsex concerne principalement des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Il doit être distingué de l’usage plus général d’alcool, de cannabis ou d’autres produits au cours d’un rapport sexuel. Cette distinction n’interdit pas de reconnaître que les consommations sexualisées existent aussi dans d’autres populations.

Quand une pratique devient-elle problématique ?

Toute expérience de chemsex ne constitue pas automatiquement une addiction. Le problème apparaît lorsque la personne ne se sent plus réellement libre de consommer ou non, lorsque les tentatives de réduction échouent, ou lorsque la pratique se poursuit malgré des conséquences négatives.

La sexualité peut alors devenir difficile à envisager sans produit. Les applications de rencontres, certains profils, une notification, une image pornographique, une rue, une heure de la semaine ou la perspective d’un rapport peuvent déclencher une envie brutale de consommer. Cette envie irrépressible est appelée craving.

Un proche peut parfois observer des sessions de plus en plus longues, des absences professionnelles, un sommeil désorganisé, des dépenses importantes, un isolement, une irritabilité, une baisse de moral ou une multiplication des prises de risque. La consommation peut également déborder du contexte sexuel et commencer à servir pour travailler, tenir malgré la fatigue, couper l’appétit ou mettre à distance une souffrance.

Selon l’enquête ERAS 2023 de Santé publique France, 13 % des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes interrogés déclaraient avoir pratiqué le chemsex au cours des six mois précédents. Cette proportion ne signifie pas que tous connaissent une addiction, mais elle confirme que le phénomène ne peut plus être considéré comme marginal.

Une double addiction : au produit et à toute une expérience

Le chemsex présente une particularité importante : l’apprentissage addictif ne se fixe pas seulement sur une substance. Il peut associer le produit à l’excitation, au sexe, à l’injection, aux applications, à la pornographie, à certains fantasmes et à une forme de sociabilité.

Le cerveau apprend ainsi une séquence complète :

solitude ou tension → connexion à une application → recherche d’un partenaire → produit → désinhibition → intensité sexuelle → épuisement ou descente.

À force de répétition, la première étape peut suffire à réactiver tout le scénario. La volonté consciente intervient alors face à un automatisme déjà lancé. C’est l’une des raisons pour lesquelles une personne peut vouloir sincèrement arrêter, tout en se retrouvant quelques heures plus tard engagée dans une nouvelle session.

Dans le slam, le rituel de l’injection peut lui-même devenir un déclencheur : le matériel, la préparation, la vue d’une veine ou l’attente de la montée acquièrent une valeur émotionnelle et sexuelle. Sortir de la pratique suppose donc de travailler à la fois sur la substance, le geste et le contexte auquel ils ont été conditionnés.

Ce que les produits viennent momentanément résoudre

Réduire le chemsex à une recherche excessive de plaisir empêcherait d’en comprendre la fonction réelle. Pour certaines personnes, les produits permettent de ne plus penser, de se sentir désirables, de diminuer la peur du jugement ou de faire taire une anxiété de performance.

Ils peuvent momentanément atténuer la honte du corps, la crainte de ne pas être assez masculin, assez musclé, suffisamment performant ou capable de satisfaire l’autre. Ils peuvent également donner l’impression d’une proximité immédiate, d’une confiance absolue ou d’une fusion affective avec un partenaire pourtant à peine rencontré.

Derrière un usage problématique peuvent aussi se trouver une dépression, un trouble anxieux, un traumatisme, un deuil, un TDAH, un trouble de l’humeur ou une difficulté ancienne à réguler les émotions. La consommation peut masquer ces vulnérabilités tout en les aggravant lors des descentes, du manque de sommeil et de l’isolement.

Le stress minoritaire constitue un autre facteur possible. Les discriminations, le rejet familial, le harcèlement, l’anticipation de l’homophobie ou son intériorisation peuvent laisser une personne en état de vigilance chronique. Le chemsex devient alors, pour quelques heures, un moyen de ne plus se sentir différent, seul ou menacé.

Attachement, solitude et recherche de validation

Certaines difficultés ne concernent pas directement la drogue, mais le rapport au lien. La peur de l’abandon, l’évitement de l’intimité ou la conviction de ne pas mériter une relation stable peuvent favoriser des rencontres très intenses mais sans continuité.

Les substances permettent alors de supporter une proximité qui semblerait trop vulnérabilisante à l’état sobre. Elles font écran entre les partenaires : la peur d’être observé, jugé, refusé ou décevant devient moins perceptible.

Paradoxalement, l’expérience qui devait soulager la solitude peut finir par l’accroître. Une succession de partenaires ne produit pas nécessairement un sentiment de lien, surtout lorsque la rencontre est gouvernée par l’urgence, les produits et la recherche permanente d’une expérience plus intense.

Ce mécanisme peut rejoindre la dépendance affective, la faible estime de soi ou la difficulté à construire des relations sécurisantes.

Applications, pornographie et disponibilité permanente

Les applications géolocalisées ont considérablement réduit le délai entre l’envie, la rencontre et l’accès aux produits. Elles peuvent présenter à toute heure une succession presque infinie de partenaires potentiels, tout en exposant la personne aux codes, images et messages associés au chemsex.

Cette disponibilité permanente entretient la recherche de nouveauté. Même lorsqu’une rencontre a commencé, il arrive que l’attention reste tournée vers l’écran, dans l’espoir de trouver davantage de partenaires, un autre produit ou une expérience jugée plus prometteuse.

La pornographie peut également renforcer des normes irréalistes : rapports interminables, corps standardisés, disponibilité sexuelle absolue et valorisation de performances extrêmes. Le chemsex peut alors apparaître comme le moyen de se conformer à une sexualité davantage organisée autour de la performance que du désir.

Comment l’hypnose peut-elle accompagner ce changement ?

L’hypnose permet de travailler dans un état d’attention particulièrement focalisé, propice à l’exploration et à la modification des apprentissages automatiques.

L’accompagnement peut viser à :

  • identifier plus tôt la montée du craving ;

  • dissocier l’excitation sexuelle de l’envie de produit ;

  • réduire la force émotionnelle de certains déclencheurs ;

  • interrompre le scénario automatique avant le passage à l’acte ;

  • modifier les représentations idéalisées des premières consommations ;

  • renforcer la capacité à différer, refuser ou quitter une situation ;

  • apaiser l’anxiété, la honte ou le sentiment de vide ;

  • restaurer une perception plus réaliste du corps et de la performance ;

  • préparer progressivement une sexualité sans substances ;

  • renforcer une identité qui ne se résume plus au chemsex.

 

Le travail hypnotique ne consiste pas à interdire le désir ni à moraliser la sexualité. Il cherche au contraire à restituer une liberté : pouvoir désirer sans être immédiatement entraîné vers un produit, une application ou un comportement devenu compulsif.

Lorsque des traumatismes, des violences sexuelles ou une homophobie intériorisée sont présents, ils doivent être abordés avec une prudence particulière. L’hypnose peut contribuer à la régulation émotionnelle, mais ne remplace pas une psychothérapie spécialisée ni un suivi psychiatrique lorsque celui-ci est indiqué.

Le déroulement d’un accompagnement

Le premier échange permet d’évaluer la place réelle du chemsex dans la vie de la personne : substances, fréquence, voie d’administration, déclencheurs, sexualité sans produits, conséquences professionnelles, santé mentale, sommeil, consentement, entourage et objectifs recherchés.

L’objectif n’est pas nécessairement imposé de l’extérieur. Selon la situation, il peut s’agir d’un arrêt, d’une pause, d’une diminution, d’une sortie du slam ou d’une reprise de contrôle. Certains produits et certaines formes de dépendance imposent cependant un cadre médical.

La séance d’hypnose est ensuite personnalisée à partir des mécanismes identifiés. Le suivi permet d’observer les réactions, d’ajuster les stratégies et de travailler progressivement les dimensions émotionnelles, relationnelles ou sexuelles qui entretenaient la consommation.

Un usage problématique installé justifie généralement plusieurs séances. Leur nombre dépend du niveau de dépendance, du slam, des substances, de la présence de troubles psychiques, de l’environnement et des autres soins engagés. Présenter une séance unique comme une réponse suffisante à toutes les situations ne serait pas réaliste.

Reconstruire une sexualité sans produits

L’arrêt ne fait pas disparaître immédiatement les apprentissages construits au fil des sessions. La sexualité sobre peut d’abord sembler moins spectaculaire, plus hésitante ou insuffisamment intense. Il peut être nécessaire de réapprendre à ressentir le désir, la présence, l’excitation et les limites corporelles sans stimulation chimique.

Cette reconstruction ne consiste pas à retrouver exactement la sexualité d’avant. Elle peut conduire à une sexualité différente : moins performative, plus consciente, davantage reliée au plaisir réel, au consentement et à la qualité du lien.

La santé sexuelle ne se limite pas à l’absence d’infection ou de dysfonction. L’Organisation mondiale de la Santé y inclut le bien-être physique, émotionnel, mental et social, ainsi que la possibilité de vivre des expériences agréables et sûres, sans coercition, discrimination ni violence.

Précautions médicales indispensables

Une dépendance au GHB ou au GBL peut provoquer un sevrage potentiellement grave. Un arrêt brutal ne doit pas être entrepris sans avis médical lorsque les consommations sont fréquentes ou quotidiennes.

Un accompagnement addictologique ou médical est également indispensable en cas de slam, de surdose, de perte de connaissance, d’infection, de symptômes psychotiques, de dépression sévère, d’idées suicidaires, de violences sexuelles ou de perte importante de contrôle.

En Catalogne, l’accompagnement peut mobiliser plusieurs dispositifs : centres d’addictologie, unités de santé sexuelle ou VIH, santé mentale, services hospitaliers et associations communautaires. L’hypnose trouve alors sa place comme l’un des outils d’un parcours coordonné, et non comme un substitut aux soins nécessaires.

Retrouver une marge de liberté

Se libérer du chemsex ou du slam ne signifie pas condamner une sexualité, renier des expériences passées ni renoncer au plaisir. Il s’agit de comprendre à quel moment une promesse d’intensité a commencé à réduire la liberté.

La sortie ne consiste pas seulement à retirer les produits. Elle suppose parfois de reconstruire le rapport au corps, au désir, à l’intimité, au rejet et à la solitude. Le rétablissement devient possible lorsque la personne ne dépend plus d’une substance pour se sentir libre, désirable ou reliée aux autres.

Le contraire du chemsex problématique n’est donc pas une sexualité appauvrie. C’est une sexualité redevenue choisie.

FAQ

L’hypnose peut-elle faire disparaître l’envie de chemsex ?

Elle peut contribuer à diminuer le craving et à modifier certains automatismes, mais le résultat dépend du niveau de dépendance et des difficultés associées. Dans les situations sévères, elle complète un suivi spécialisé.

Peut-on arrêter le chemsex sans arrêter toute sexualité ?

Oui, mais la reprise d’une sexualité sans produits demande parfois du temps. Un accompagnement peut aider à dissocier progressivement désir, excitation et consommation.

Faut-il obligatoirement viser l’abstinence complète ?

L’objectif dépend de la situation et doit être évalué individuellement. Une réduction, une pause ou l’arrêt du slam peuvent constituer des étapes, mais certaines dépendances nécessitent un sevrage médicalement encadré.

Comment un proche peut-il aider ?

Une posture non jugeante facilite davantage la demande d’aide que les menaces ou la culpabilisation. Le proche peut exprimer son inquiétude, rappeler les faits observés et encourager un accompagnement médical, addictologique ou psychologique.

Sources publiques et repères utiles

  • Santé publique France - Enquêtes Rapport au sexe, évolution du chemsex entre 2017 et 2023.

  • Observatoire français des drogues et des tendances addictives - Chemsex, retour sur quinze ans d’usages de drogues en contexte sexuel, 2024.

  • OFDT - Tendances récentes relatives aux cathinones, au GHB/GBL, à la kétamine et au slam, 2025.

  • Bulletin épidémiologique hebdomadaire - Usages de produits psychoactifs en contexte sexuel, enquête CSF-2023, publié en 2026.

  • Organisation mondiale de la Santé - Définition et principes de la santé sexuelle.

  • Agència de Salut Pública de Catalunya - Ressources sur le chemsex, la réduction des risques et les structures de soins en Catalogne.

bottom of page