
COMPULSIONS ET HYPNOSE
retrouver une liberté de choix
Quand savoir ne suffit plus
Vous savez que cette vérification est inutile. Que vous pourriez reposer votre téléphone. Ne pas recommencer à vous ronger les ongles, arracher vos cheveux, grignoter ou effectuer cet achat.
Vous le savez parfois très bien.
Et pourtant, lorsque l’envie apparaît, le geste semble partir avant même que vous ayez réellement choisi.
Quelques instants plus tard viennent le soulagement, la déception ou cette phrase familière : « C’était la dernière fois. »
Le problème n’est pas de savoir ce qu’il faudrait faire. C’est de retrouver la possibilité de le faire au moment où l’envie monte.
Quelques secondes de soulagement, puis tout recommence
Une compulsion ne surgit pas toujours au hasard.
Elle peut apparaître face au stress, à l’ennui, à une pensée intrusive, à une sensation désagréable ou à un besoin de réassurance. Le comportement apporte alors quelque chose d’immédiat : un apaisement, une stimulation, une impression de contrôle ou simplement une interruption de ce que vous ressentiez.
Ce soulagement peut être très bref, mais il suffit parfois pour que le cerveau retienne la réponse et la reproduise plus facilement la fois suivante.
Le cycle s’installe :
une tension apparaît, le geste la soulage, puis la tension revient.
La culpabilité ne résout généralement pas ce mécanisme. Elle peut au contraire ajouter une nouvelle tension à celle qui existait déjà.
Une compulsion n’est donc pas simplement un « mauvais choix ». C’est un automatisme qui a pris trop de place.
Le même mot recouvre des situations différentes
Dans le langage courant, nous appelons « compulsions » des comportements très variés :
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ronger ses ongles, toucher sa peau ou arracher ses cheveux ;
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vérifier plusieurs fois une porte, un appareil ou un message ;
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manger, acheter ou consulter son téléphone sans l’avoir véritablement décidé ;
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répéter un geste ou un rituel pour calmer une peur ;
-
rechercher une sensation malgré des conséquences que l’on regrette ensuite.
Ces comportements peuvent se ressembler de l’extérieur sans reposer sur le même mécanisme.
Une habitude automatique, une addiction, une trichotillomanie et une compulsion liée à un trouble obsessionnel compulsif ne demandent pas nécessairement le même accompagnement.
C’est pourquoi je ne commence pas par appliquer un protocole tout fait. Nous cherchons d’abord à comprendre ce qui se passe précisément pour vous.
Ce que l’hypnose peut permettre de travailler
L’hypnose n’efface pas une compulsion par une simple injonction : « À partir de maintenant, vous ne le ferez plus. »
Le travail consiste plutôt à intervenir sur la séquence devenue automatique. Selon votre situation, l’hypnose peut notamment vous aider à :
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reconnaître plus tôt les premiers signes de l’envie ;
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diminuer la tension qui précède le comportement ;
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laisser passer une impulsion sans devoir immédiatement y répondre ;
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prendre de la distance avec une pensée insistante ;
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préparer une réponse différente dans les situations déclenchantes ;
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retrouver d’autres manières de vous apaiser, de vous stimuler ou de vous rassurer.
Pendant la séance, nous pouvons également répéter mentalement une situation habituelle en y introduisant une nouvelle façon de réagir. Votre esprit ne découvre alors plus cette possibilité au dernier moment : il commence à la rendre disponible avant que la situation réelle ne se présente.
L’objectif n’est pas de ne plus jamais ressentir d’envie. C’est de ne plus être obligé de lui obéir.
Nous nous intéressons aux secondes qui précèdent le geste
Vous n’avez pas nécessairement besoin de connaître l’origine profonde de votre comportement ni de raconter toute votre vie.
Nous observons d’abord ce qui peut réellement nous être utile :
Que se passe-t-il juste avant ? Dans quelles circonstances ? Que ressentez-vous dans votre corps ? Quelle pensée apparaît ? Qu’est-ce que le geste vous apporte sur le moment ? Et que se passe-t-il les fois où vous parvenez déjà à ne pas le faire ?
La réponse se trouve parfois moins dans un passé lointain que dans les dix secondes qui précèdent la compulsion.
À partir de ces éléments, je construis un accompagnement adapté à votre fonctionnement. On ne travaille pas de la même manière sur des ongles rongés machinalement, des achats destinés à calmer un vide ou des vérifications provoquées par une peur envahissante.
Les premiers changements peuvent être discrets
Sortir d’une compulsion ne signifie pas toujours la voir disparaître immédiatement.
Un changement peut commencer lorsque vous remarquez l’envie plus tôt. Lorsque vous parvenez à attendre quelques minutes. Lorsque le geste devient moins fréquent, moins intense ou moins long. Lorsque vous traversez un moment difficile sans reprendre automatiquement l’ancien comportement.
Ces évolutions comptent : elles montrent que l’automatisme n’est déjà plus entièrement automatique.
Nous observons ce qui change dans votre quotidien et nous ajustons les séances en conséquence. Il n’existe pas de nombre de rendez-vous valable pour toutes les compulsions, ni de chronologie que je pourrais honnêtement vous promettre à l’avance.
Et s’il s’agit d’un TOC ?
Toutes les compulsions ne relèvent pas uniquement d’un travail en hypnose.
Lorsque des pensées intrusives provoquent une forte anxiété et vous conduisent à multiplier les vérifications, les lavages, les comptages ou les demandes de réassurance, une évaluation par un médecin, un psychologue ou un psychiatre peut être nécessaire.
Les traitements de référence du trouble obsessionnel compulsif comprennent notamment les thérapies cognitives et comportementales avec exposition et prévention de la réponse. Un traitement médicamenteux peut également être proposé selon la situation.
L’hypnose ne remplace pas ces prises en charge. Elle peut éventuellement y trouver une place complémentaire, en concertation avec les professionnels qui vous suivent.
Un accompagnement spécialisé peut également être indispensable lorsque le comportement concerne une substance, les jeux d’argent, des crises alimentaires, des blessures corporelles ou des conséquences importantes sur votre santé, vos finances ou votre sécurité.
Savoir orienter fait partie de ma responsabilité.
Vous pouvez en parler sans avoir honte
Une compulsion peut sembler dérisoire à quelqu’un qui ne la vit pas. Pour la personne qui en souffre, elle peut occuper énormément de temps, d’énergie et de pensées.
Vous n’avez pas besoin de la minimiser, de la justifier ou d’arriver avec un diagnostic précis.
Vous pouvez simplement me dire :
« Je fais cela alors que je ne veux plus le faire. »
Cela suffit pour commencer à comprendre ce qui vous échappe aujourd’hui et chercher comment vous rendre progressivement cette liberté.
Entre l’envie et le geste, un espace peut se rouvrir. Et c’est dans cet espace que le choix revient.
