
ÉCRANS ET NOMOPHOBIE
Retrouver la liberté de poser son téléphone
Vous prenez votre téléphone pour regarder l’heure.
Quelques minutes plus tard, vous avez répondu à un message, ouvert un réseau social, regardé une vidéo… et oublié pourquoi vous l’aviez pris.
Ce geste est devenu si banal que nous ne le remarquons presque plus.
Le problème n’est pas d’utiliser un écran. Il n’est même pas d’aimer son téléphone. Il commence lorsque nous ne choisissons plus vraiment quand nous le regardons.
L’hypnose peut alors accompagner le retour vers un usage plus conscient et plus libre, sans vous demander de renoncer à la technologie ni de disparaître du monde moderne.
Le problème n’est pas que le téléphone sache tout faire : c’est qu’il finisse par tout interrompre.
Un monde entier dans la poche
Le smartphone est devenu à la fois un réveil, un agenda, un bureau, une carte, un appareil photo, une banque, un journal, un divertissement et un moyen de rester en contact.
Les amis, le couple, la famille et le travail passent désormais par lui. Il nous accompagne à table, dans les transports, au lit et parfois jusque dans la salle de bains.
Il remplit les temps d’attente, les silences et les moments d’ennui. Il peut même donner l’impression que quelques minutes sans stimulation sont des minutes perdues.
À la rentrée 2026, la France a choisi d’étendre l’interdiction du téléphone de la maternelle au lycée. Cette décision dit quelque chose de notre époque : préserver son attention est devenu un enjeu collectif, et pas seulement une question de volonté individuelle.
Nomophobie : quand l’absence du téléphone devient inconfortable
Le terme nomophobie désigne la peur ou l’anxiété ressentie lorsque le téléphone n’est plus disponible : batterie déchargée, absence de réseau, appareil oublié ou simplement laissé dans une autre pièce.
Cet inconfort peut prendre différentes formes :
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vérifier son téléphone sans avoir décidé de le faire ;
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ressentir une urgence à répondre immédiatement ;
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craindre de manquer un message, une information ou une occasion ;
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ne plus supporter une attente ou un silence sans sortir son écran ;
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retarder son sommeil pour continuer à regarder des contenus ;
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interrompre régulièrement une conversation pour consulter une notification ;
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essayer de limiter son utilisation, puis reprendre rapidement ses anciennes habitudes.
Le nombre d’heures passées devant un écran ne suffit pas, à lui seul, à définir un problème. La vraie question est plutôt celle-ci :
Quelle place cet usage prend-il dans votre vie, et que vous empêche-t-il de vivre pleinement ?
L’expression « addiction aux écrans » recouvre d’ailleurs des réalités très différentes. L’Organisation mondiale de la santé définit précisément le trouble du jeu vidéo, mais il n’existe pas un diagnostic unique regroupant tous les usages problématiques des smartphones, des réseaux sociaux ou des applications.
Le plus important n’est donc pas de vous coller une étiquette. C’est d’observer les conséquences concrètes.
Connectés à tout, présents nulle part
Un écran peut rapprocher des personnes éloignées. Il peut également éloigner celles qui se trouvent dans la même pièce.
Dans un couple, entre amis ou en famille, chacun peut finir par attendre que l’autre relève les yeux. On écoute à moitié, on répond distraitement, on photographie le moment avant même de l’avoir vécu.
Le téléphone devient alors un troisième interlocuteur, toujours présent et toujours prioritaire.
Cette disponibilité permanente peut également empêcher le travail de s’arrêter. Les messages professionnels suivent jusque dans la soirée, les week-ends et les vacances. Le cerveau reste dans l’attente de la prochaine sollicitation.
Être joignable ne devrait pourtant pas signifier être disponible à chaque seconde.
Quand les rencontres commencent par un pouce
Les applications de rencontres ont ouvert de nouvelles possibilités. Mais elles ont aussi déplacé une grande partie de la rencontre derrière un écran.
On regarde, on compare, on choisit, on écarte et on recommence. Le défilement peut progressivement prendre davantage de place que la rencontre elle-même.
Pour certaines personnes, l’application devient une manière d’éviter l’incertitude du contact réel. Pour d’autres, les matchs et les messages servent surtout à rechercher une validation momentanée.
Il ne s’agit pas nécessairement de supprimer ces applications. Il peut s’agir d’apprendre à les utiliser comme un passage vers la rencontre, plutôt que comme un refuge qui la remplace.
Un écran peut obtenir le silence
Il serait facile de culpabiliser les parents. La réalité est souvent plus humaine : ils sont fatigués, occupés, sollicités, et l’écran fonctionne remarquablement bien pour retenir l’attention d’un enfant.
Mais un écran qui obtient le silence n’apprend pas nécessairement à l’enfant à s’apaiser.
Le paradoxe est parfois saisissant : l’enfant reçoit un écran afin que le parent puisse se concentrer… sur le sien.
Les très jeunes enfants apprennent aussi en observant les adultes. Ils voient comment nous supportons l’attente, l’ennui, la frustration et la présence des autres.
L’Assurance Maladie déconseille vivement les écrans avant trois ans, notamment pour calmer un enfant, pendant les repas ou avant le sommeil. Elle attire également l’attention sur la « technoférence parentale » : ces moments où le téléphone interrompt les échanges, les regards et la relation.
Il ne s’agit pas d’être un parent parfait. Il s’agit de recréer progressivement des espaces où chacun peut être présent sans avoir besoin d’un écran entre soi et le monde.
Au cabinet, je ne vous confisque pas votre téléphone
Mon objectif n’est pas de vous transformer en adversaire du numérique.
Nous commençons par comprendre ce que l’écran accomplit pour vous :
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remplit-il un vide ?
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évite-t-il une pensée ou une émotion inconfortable ?
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apaise-t-il momentanément une anxiété ?
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vous aide-t-il à repousser une tâche ?
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vous donne-t-il le sentiment d’être reconnu ou désiré ?
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vous empêche-t-il de vous retrouver seul avec vous-même ?
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maintient-il le travail constamment présent ?
Selon votre situation, j’associe l’échange, l’hypnose, certains outils de PNL et des changements très concrets dans votre quotidien.
Le travail peut notamment consister à retrouver une pause entre l’impulsion et le geste, à diminuer la peur de manquer quelque chose, à supporter de nouveau l’attente et le silence, ou encore à protéger votre sommeil et votre concentration.
Nous pouvons aussi préparer des règles réalistes : désactiver certaines notifications, laisser le téléphone hors de la chambre, définir des moments sans écran ou réapprendre à vivre un repas sans interruption.
L’hypnose n’est pas une déconnexion magique. Elle peut cependant aider un nouveau comportement à devenir plus accessible et moins conflictuel.
Retrouver un choix, pas revenir en arrière
Votre téléphone peut rester un outil de travail, un moyen de communication et une source de plaisir.
Le but n’est pas de vivre sans écran. Il est de pouvoir le poser sans anxiété, attendre sans le sortir automatiquement, vous endormir sans emporter le monde entier dans votre chambre et regarder une personne sans qu’une notification détourne aussitôt votre attention.
Si vous sentez que votre téléphone vous sollicite plus souvent que vous ne le choisissez, nous pouvons commencer par là.
Vous n’avez pas besoin de savoir vous déconnecter avant de venir. C’est précisément ce qui peut se travailler.
